Un programme de soutien par les pairs créé par des médecins, pour les médecins

Le 12 janvier 2021 | Auteur: Personnel du Collège royal
Lecture de 3 min

Lorsqu’ Andrea Lum, MD, FRCPC, est devenue vice-doyenne aux affaires du corps professoral à l’École de médecine et de dentisterie Schulich de l’Université Western en janvier 2020, elle prévoyait offrir un programme de soutien par les pairs aux médecins enseignants durant la deuxième année de son mandat.

Sauf que son projet est devenu une priorité absolue avec la pandémie.

La Dre Andrea Lum (Photo soumise)

« Des mesures de confinement et des annulations étaient imposées, relate-t-elle. Les stocks d’équipement de protection individuelle étaient au cœur des préoccupations. J’ai présenté mon projet au comité de la haute direction pendant la troisième semaine de mars, et j’ai insisté pour qu’il soit mis à exécution tout de suite plutôt qu’à la deuxième année de mon mandat. »

La Dre Lum et ses collègues ont donc développé son concept et mis sur pied le programme de soutien par les pairs en quatre semaines à peine.

Pleins feux sur l’écoute empathique et le partage d’expériences

Aujourd’hui, le Schulich Wellbeing Program, basé sur un modèle de soutien par les pairs, offre un soutien personnalisé aux enseignants cliniques et met l’accent sur l’écoute empathique et le partage d’expériences. Il s’agit du premier programme du genre offert dans un établissement universitaire au Canada.

Le concept de soutien entre pairs souligne l’importance d’avoir accès à des ressources qui favorisent le bien-être ailleurs que chez l’employeur. « À notre école, ce soutien est assuré par un pair du même département ou de 16 autres domaines », ajoute-t-elle.

On ne s’attendait pas à ce que les 17 « responsables du bien-être » du programme soient des experts en soutien émotionnel, « mais ils devaient souhaiter ardemment participer à ce genre d’activité », explique la Dre Lum.

« Leur intervention n’a rien à voir avec une liste à cocher. Ils doivent sincèrement vouloir s’investir. »

La Dre Lum fait remarquer que de nombreux hôpitaux canadiens offrent d’autres types de soutien au bien-être pour les médecins, « mais ces outils ne sont pas conçus par des médecins, pour les médecins ». Et les médecins n’ont pas tendance à recourir aux services téléphoniques d’urgence en santé mentale.

Un programme d’études évolutif en sept volets

Les chefs de département ont convenu de nommer un responsable du bien-être parmi leurs corps professoraux respectifs. Des bénévoles affectés au centre de Windsor et au département de dentisterie de l’école se sont ajoutés à l’équipe; environ le quart des 17 membres possédaient de l’expérience dans le domaine.

« D’autres étaient vraiment passionnés mais leur expérience était limitée; un groupe entier ne possédait aucune expérience, mais manifestait beaucoup d’intérêt. Toute l’équipe a donc dû suivre une formation. »

Nous avons mis sur pied un programme d’études en sept volets qui ne cesse d’évoluer. Offert sur la plateforme Zoom et agréé par le Collège royal, il couvre divers sujets, notamment l’écoute empathique, la reconnaissance des pairs en détresse et les partis pris implicites.

« Durant la phase aiguë de la pandémie, nous avons cherché à comprendre ce que l’on attend d’un responsable du bien-être. L’écoute empathique s’est révélée une qualité essentielle. Les médecins aiment trouver des solutions. Or, en tant que pair aidant, votre rôle ne consiste pas à enrayer la COVID-19 ou résoudre d’autres problèmes, mais plutôt à écouter les autres avec empathie et faire preuve de bienveillance. »

Soutenir au lieu de diagnostiquer

Les responsables du bien-être ne proposent pas de thérapie; ils sont formés pour fournir des ressources à ceux qui ont besoin de soins professionnels, s’il y a lieu.

« Ils sont là pour soutenir les gens dans le besoin, et non pour établir des diagnostics. »

La Dre Lum affirme que le programme n’aurait pu connaître un tel succès sans les ressources disponibles à l’Université Western. « Le Service des ressources humaines a organisé des ateliers de simulation selon le modèle de formation des formateurs. Nous avons tenu quelques ateliers en petits groupes, et nos enseignants sont maintenant en mesure de former d’autres personnes. »

« Nous sommes fiers d’avoir mis sur pied un programme durable. »

Quant à la portée globale du programme, la Dre Lum signale que sans le programme de soutien par les pairs, « les dirigeants n’auraient pu compter sur les ressources humaines suffisantes pour fournir aux enseignants le soutien dont ils avaient besoin, que ce soit en temps de pandémie de COVID-19 ou de toute autre période de bouleversement ».

Durant la première vague de COVID-19 en mai et juin, les responsables du bien-être ont tenu 87 rencontres de soutien – soit 47 % pour des motifs liés à la santé mentale et 20 % pour des raisons familiales.

L’effondrement récent d’un immeuble à London, qui a fait deux morts et de multiples blessés, est un bon exemple d’intervention à un code orange. « Nous avons déployé notre programme de bien-être afin que les responsables du bien-être communiquent immédiatement avec les enseignants concernés. »

Le modèle de soutien entre pairs a suscité l’intérêt d’autres écoles de médecine canadiennes. « Il y a un effet boule de neige, fait remarquer la Dre Lum. Et nous sommes ravis de le perpétuer. »

À ceux qui envisagent de lancer une telle initiative, elle conseille de demander d’abord l’appui de la haute direction. « La haute direction doit accorder son aval et vous fournir les ressources nécessaires à l’exécution du programme », reconnaît-elle.

La Dre Lum insiste aussi sur la nécessité de cibler les ressources locales à la disposition des participants. « Vous ne devez pas attendre d’être face à quelqu’un dans le besoin pour songer aux ressources qui pourraient lui être utiles. »

« Il faut réellement être animé par la passion et l’engagement. »


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