Selon la Dre Rachel Grimminck, la lutte contre les préjugés liés à la santé mentale est aussi l’affaire des professionnels de la santé

Le 17 juillet 2020 | Auteur : Personnel du Collège royal
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Une psychiatre de Calgary reçoit le Prix du leadership en formation médicale pour les médecins en début de carrière

Rachel Grimminck, MD, FRCPC, s’est intéressée à la psychiatrie alors qu’elle étudiait en médecine, après avoir reçu un diplôme en génie mécanique. Ses collègues et les résidents qu’elle côtoie lui en sont certainement reconnaissants.

« J’envisageais de suivre un psychiatre une seule fois, puis de passer à autre chose, confie la directrice médicale clinique de l’urgence psychiatrique du Foothills Medical Centre de Calgary. L’orthopédie aurait été un choix plus logique, mais la psychiatrie m’a fascinée. »

La décision de la Dre Grimminck a eu des retombées positives pour la formation médicale à la Cumming School of Medicine de l’Université de Calgary, où elle occupe aujourd’hui le poste de professeure clinique adjointe de psychiatrie. Ces retombées profondes lui ont d’ailleurs valu une nomination à titre de lauréate du Prix du leadership en formation médicale pour les médecins en début de carrière 2020 du Collège royal.

Dre Rachel Grimminck

Dre Rachel Grimminck (Crédit photo : Michael Grimminck; photo soumise par la Dre Grimminck)

Combattre les préjugés

La Dre Grimminck a la ferme volonté de combattre les préjugés liés à la maladie mentale, et ce, sur tous les plans.

« J’essaie d’aider les étudiants à voir la maladie mentale sous un angle nouveau, afin qu’ils sachent notamment comment se comporter avec les patients et adopter une approche globale pour comprendre leurs difficultés. »

Elle s’engage aussi à combattre les préjugés dans le domaine des soins de santé. Elle a vu des gens de tous les milieux se présenter à l’urgence pour recevoir un traitement en santé mentale, y compris des étudiants en médecine et des médecins. Selon elle, les professionnels des soins de santé tardent trop souvent à demander de l’aide par crainte de préjugés.

« Les préjugés sont tenaces dans le système médical, admet la Dre Grimminck, et cela m’attriste énormément. »

Le déficit de l’urgence psychiatrique

Son expérience au service d’urgence l’a amenée à participer à la conception de nombreux programmes d’études. La Dre Grimminck a joué un rôle de taille dans la création d’un nouveau programme d’études en urgence psychiatrique — un domaine qui, selon elle, manquait à sa propre formation.

« Le fait de ne pas être bien préparée aux cas urgents m’a causé beaucoup de stress durant mes premières années de pratique, reconnaît-elle. J’ai bon espoir que ce programme d’études aidera les résidents à acquérir les compétences nécessaires pour adopter les bonnes stratégies. »

Cette nouvelle formation porte en grande partie sur la sécurité. « Les résidents doivent être plus conscients de leur environnement, explique-t-elle. Comme le risque d’agression est plus élevé en début de carrière, nous voulons leur fournir des notions de base utiles. »

Le nouveau programme d’études a fait ses preuves, et « nous l’améliorons d’année en année », ajoute-t-elle.

La Dre Grimminck (au centre) élabore une simulation avec les Dres Suneina Mohan, psychiatre (à gauche), et Julia Haber, anesthésiste (à droite), février 2020. (Crédit photo : Michael Grimminck; photo soumise par la Dre Grimminck)

Du jeu de rôle à la simulation

La formation par simulation fait partie de ces améliorations. La Dre Grimminck a découvert la formation par simulation dans le cadre d’un cours offert aux enseignants de l’Université de Calgary; elle y a vu une excellente occasion de faire passer le jeu de rôle à un niveau supérieur.

« Ses compétences en enseignement et en conception de programme d’études étaient si évidentes qu’en 2018, elle a pris en charge le développement et le déroulement des toutes premières simulations de psychiatrie offertes par notre département », fait remarquer Valerie Taylor, MD, FRCPC, chef du Département de psychiatrie à l’Université.

La Dre Grimminck affirme que la simulation s’avère particulièrement utile pour prendre en charge les patients agités et gérer les événements indésirables à l’unité de psychiatrie.

« C’est là où tout a commencé, et nous avons ajouté d’autres simulations au fil du temps, notamment un patient qui n’est plus apte à conduire ou un autre qui adopte un comportement sexuel inapproprié, afin de savoir comment échanger avec eux et les membres de leur famille. »

« Récemment, nous avons collaboré avec d’autres disciplines dans le domaine, notamment pour évaluer les capacités de patients qui ont subi un traumatisme crânien. Nous avons aussi un projet sur la santé mentale des Autochtones… ces collaborations avec d’autres disciplines sont très enrichissantes, car nous apprenons beaucoup les uns des autres. »

La Dre Grimminck en Tanzanie, octobre 2017 (Crédit photo : Michael Grimminck; photo soumise par la Dre Grimminck)

Projet collaboratif en Tanzanie

Les projets d’élaboration de programmes d’études de la Dre Grimminck témoignent aussi de son intérêt à respecter les besoins des populations marginalisées et les aspects transculturels de la psychiatrie.

« Quand j’étais plus jeune, je vivais au Zimbabwe avec ma famille; j’étais donc prédisposée à la santé mondiale », raconte-t-elle.

Elle a participé à l’élaboration de nombreux programmes d’études à l’étranger dans le cadre d’un partenariat de l’Université de Calgary en Tanzanie – où les préjugés liés à la maladie mentale sont très présents, et où il est mal vu de se faire traiter. Elle a été directrice de la formation médicale du partenariat de 2016 à 2019, membre de l’équipe de la haute direction, ainsi que responsable du corps professoral pour les voyages à l’étranger en 2017 et 2018.

Œuvrant dans le domaine médical depuis à peine dix ans, la Dre Grimminck est déjà considérée comme l’experte absolue en formation médicale.

« Je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui s’est adapté aussi rapidement et dans des domaines aussi variés que la Dre Grimminck, affirme Lauren Zanussi, MD, FRCPC, chef au Foothills Medical Centre. Elle est déjà une chef de file de la formation dans un département qui mise sur l’innovation et la qualité de la formation prédoctorale et des résidents. »


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