Récit de survie de résidente

Royal College Staff
21 août, 2019 | Auteur: Royal College Staff
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Par Dre Elizabeth (Lizzy) Elsey, stagiaire en chirurgie générale dans la région East Midlands au Royaume-Uni.

Le mardi 3 mars 2009. Cette date est gravée à jamais dans ma mémoire, et rien ne parviendra à l’effacer.

Ce jour-là, j’amorçais ma formation en chirurgie, trahissant la crainte et la douleur intenses que je ressentais, tant sur le plan physique qu’émotionnel. Ce jour-là, je savais. Tout simplement.

Je m’apprêtais à participer à la tournée d’enseignement; je m’efforçais de sourire alors que mon visage était pâle et crispé. Le reste de l’équipe est arrivé, puis nous nous sommes rendus au chevet des patients. Au bout d’une heure, tourmentée par une vive douleur, j’ai dû quitter la tournée d’enseignement. Ma plus grande crainte s’est confirmée dans les toilettes des employés.

J’ai ensuite rejoint le groupe et je me suis adressée au stagiaire sénior responsable de la tournée d’enseignement.

« Je suis vraiment désolée de vous laisser tomber, mais je dois rentrer à la maison. »

« Je suis en train de faire une fausse couche. »

Dans les jours qui ont suivi, ponctués de pleurs, de douleurs, de saignements et d’échographies, on m’a confirmé que j’avais perdu mon premier bébé.

Depuis lors, j’ai réfléchi aux motifs pour lesquels je me suis rendue au travail de peine et de misère ce jour-là. Pourquoi ai-je tant insisté à m’occuper des autres alors que je devais d’abord prendre soin de moi? J’éprouvais un réel besoin de fuir la réalité et un désir inconscient d’agir comme si rien n’était, mais j’aurais probablement dû réagir autrement.

J’espère avoir retenu depuis que mon bien-être passe avant tout, mais j’espère aussi accorder plus d’importance au bien-être de mes collègues. Personne n’est à l’abri des pertes, des décès, des maladies et des problèmes relationnels. Nos stagiaires éprouvent souvent un sens des responsabilités aigu par rapport à leur travail et leur formation et ils doivent pouvoir se permettre de prendre du recul. Il ne faut pas ignorer les signaux subtils des stagiaires plus effacés, ni les sourires forcés et les regards tristes qu’ils nous envoient de temps à autre; il ne faut pas négliger ce que vivent les résidents.