Recherche sur la COVID-19 – Questions et réponses : Dr Robert Maunder

Le 23 avril 2020 | Auteur: Personnel du Collège royal
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Les recherches du Dr Robert Maunder contribuent à la santé mentale des intervenants de première ligne

Le Robert Maunder, MD, FRCPC, est professeur de psychiatrie à l’Université de Toronto et directeur de la recherche en psychiatrie au Sinai Health System. En février 2020, dans le cadre d’un programme des IRSC visant à financer une intervention de recherche rapide contre la maladie à coronavirus 2019, il a reçu une subvention pour déterminer si un meilleur soutien des pairs durant la pandémie de COVID-19 contribue à réduire le stress et l’épuisement professionnel à long terme des travailleurs de la santé du Sinai Health System.

Le Dr Robert Maunder

Dans quel contexte menez-vous vos recherches et quel est votre objectif?

Lors de l’éclosion du SRAS en 2003, le Mount Sinai Hospital a soutenu ses travailleurs et étudié les répercussions de la maladie sur leur santé mentale. Nous avons beaucoup appris; nous avons même constaté qu’ils souffraient encore des effets du stress causé par la pandémie deux plus tard. Cette fois‑ci, des champions du soutien par les pairs viendront s’ajouter pour soutenir le personnel de l’hôpital. Nous vérifierons ensuite si ce soutien permet d’éviter l’épuisement à long terme.

Pourquoi misez-vous sur la présence de champions du soutien par les pairs?

Ces champions du soutien par les pairs sont des professionnels des soins de santé. Il s’agit souvent d’infirmières ou de travailleurs sociaux que nous formons pour encadrer les équipes de travailleurs de la santé dans l’hôpital. Ils se répartissent en équipes afin d’apporter une aide sous diverses formes. Nos travaux antérieurs nous ont appris que la santé mentale des membres du personnel est meilleure lorsqu’ils ont la possibilité de s’exprimer, de faire des suggestions et de poser des questions que lorsqu’ils se sentent isolés. Nous savons aussi que les bonnes relations interpersonnelles renforcent souvent la résilience et nous sommes convaincus que ces champions du soutien par les pairs assureront une liaison adaptée et fourniront le soutien dont le personnel a besoin pour rester en bonne santé.

Quels effets à long terme sur la santé mentale voulez-vous éviter?

Après l’éclosion du SRAS, nous avons comparé les hôpitaux qui avaient reçu des patients atteints du SRAS avec ceux qui n’en avaient pas reçu. Nous avons constaté que le SRAS n’a pas provoqué de troubles mentaux aigus comme le TSPT. Cependant, deux ans après la fin de la pandémie, l’anxiété, l’épuisement, la consommation d’alcool ou de drogues et les problèmes interpersonnels étaient plus marqués chez les employés des hôpitaux qui avaient reçu des patients atteints du SRAS. C’est cet effet chronique du stress que nous voulons éviter en intervenant.

En quoi votre intervention consiste-t-elle?

Comme les champions du soutien par les pairs n’ont pas le don d’ubiquité, ils travailleront d’abord dans quelques départements pendant trois mois. Nous procédons par étapes, c’est-à-dire qu’ils passeront à d’autres départements avec le temps. À leur départ, nous nous attendons à ce que les relations interpersonnelles soient meilleures, et les équipes de soutien plus nombreuses.

Comment saurez-vous que votre travail a donné de bons résultats?

Si environ 1000 travailleurs de la santé répondent aux sondages que nous leur enverrons aux trois mois pendant deux ans, et si nous démontrons que ceux qui bénéficient du soutien de leurs pairs souffrent moins d’épuisement que leurs collègues qui n’en bénéficient pas encore, nous saurons que notre recherche a porté fruit.


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