Ouvrir la voie

Le 22 février 2021 | Auteur: Personnel du Collège royal
Lecture de 3 min

Alexandra Bastiany, MD, FRCPC, DRCPSC, a grandi à Montréal; ses parents ne l’ont jamais dissuadée de rêver de devenir médecin. Sa mère, infirmière, a contribué à faire jaillir l’étincelle qui l’a menée à faire carrière en médecine. Alors qu’elle terminait sa formation prédoctorale, son père a fait en sorte qu’elle effectue un stage d’observation avec une médecin noire.

Dre Alexandra Bastiany (Photo soumise)

« Ce n’était pas du tout dans mon domaine actuel », se souvient la Dre Bastiany. « Mais le simple fait de voir une Noire exercer cette discipline a été une révélation pour moi, car c’est plutôt rare. »

En 2020, la Dre Bastiany est devenue la première spécialiste noire à exercer la cardiologie d’intervention au Canada, une réalisation qu’elle doit aussi à sa famille et à de nombreux membres de la communauté noire. « Nous pouvons enfin dire qu’une médecin noire a réussi », se réjouit‑elle. « Ce n’est pas un exploit pour moi, je ne suis que la première d’une longue série à venir. »

Surmonter les obstacles durant la formation et au travail

Malgré ses réussites, la Dre Bastiany s’est souvent fait dire durant sa formation que la cardiologie ne lui convenait peut-être pas, ce qui aurait pu l’empêcher de faire ce qu’elle aimait si elle s’était laissé abattre par ces commentaires.

« On m’a dit maintes fois, « ce n’est pas pour les femmes ». On m’a dit aussi que je ne devais pas faire de stage et que je ne devais peut-être pas me diriger en cardiologie en raison du stress intense dans la pratique – peut-être qu’elle ne me convenait pas », se souvient-t-elle.

Pendant ses stages à la faculté de médecine de l’Université de Montréal, la Dre Bastiany savait qu’elle voulait faire des choses de ses propres mains. Elle aime la chirurgie d’intervention parce qu’elle a un rôle à jouer à tous les stades des soins aux patients. « Je vois les patients avant de traiter leur coronaropathie, et j’assure leur suivi. Je les aide à adopter de nouvelles habitudes, par exemple, arrêter de fumer, et à tenir compte des autres facteurs qui ont une incidence sur leur coronaropathie. »

La Dre Bastiany effectue une angioplastie dans son laboratoire de cathétérisme à Thunder Bay (Ont.) (Photo soumise)

Dans le cadre de sa pratique, elle travaille avec une petite équipe diversifiée de cardiologues d’intervention. D’habitude, durant la journée, elle effectue environ huit interventions minimalement invasives par cathéter. Cependant, le racisme et les micro-agressions perdurent. Lorsqu’elle entre dans la salle, elle se présente, mais même après, « certaines personnes me demandent où est le médecin ou posent des questions à l’infirmière. Je dois souvent me recentrer et leur dire que c’est moi qui dirige. »

Promouvoir une plus grande présence des femmes

La Dre Bastiany s’emploie maintenant à élargir sa pratique, elle qui s’est établie à Thunder Bay il y a quelques mois. « Il y a des embûches, car je commence à peine! J’exerce de façon autonome maintenant : je dois prendre les décisions et je suis entièrement responsable de mes patients, c’est beaucoup d’ajustement ». Elle fait partie aussi d’un groupe de travail de l’Alliance nationale de la santé cardiaque des femmes, ce qui lui permet de souligner de nouveau son intérêt à l’égard de la promotion de la santé des femmes.

« Je tente d’apporter ma contribution parce que la santé des femmes est négligée, selon moi. La littérature comporte beaucoup de lacunes, mais nous savons aussi que les maladies cardiaques sont la principale cause de décès chez les femmes. Nous savons également qu’il y a beaucoup de préjugés concernant les symptômes des femmes et la santé cardiaque; nous essayons donc de les dissiper. Nous faisons la promotion d’une meilleure approche à l’égard des patientes en général. »

La Dre Bastiany est d’avis que pour attirer plus de candidates en cardiologie, il faut miser sur le mentorat. « Je pense que les femmes doivent donner l’élan requis et être présentes pour que les étudiantes sachent où trouver l’encadrement dont elles ont besoin, que ce soit par téléphone, par courriel, pour faire part de leurs inquiétudes et poser des questions. C’est l’une des façons de changer les choses. »


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Magna Darbouze | May 4, 2021
Felicitations a la Dre Bastiany, quel beau parcours. Femme forte, courageuse, resiliente malgre les embuches. Tres inspirante pour les filles noires..le travail et l 'effort. J'admire sa tenacite, bravo Dre, je comprends que la situation n a pas ete facile, mais vous etes arrivee, un honneur pour la communaute hatienne. Bonne continuite. Que Dieu vous benisse. Ne jamais baisser les bras. La nature nous donne des cadeaux des la naissance, vous avez profite de votre intelligence, tout un privilege. Tous mes compliments a vos parents. Une haitienne ferue