Le lien qui unit le Canada et les soins chirurgicaux aux Fidji et au Guyana

Le 8 octobre 2021 | Auteur: Personnel du Collège royal
Lecture de 4 minutes

Le Dr Brian H. Cameron est le lauréat du Prix M. Andrew Padmos de la collaboration internationale du Collège royal 2020.

Inspiré par les préceptes du bahaïsme, Brian H. Cameron, MD, DipMedEd, FRCSC, s’est donné comme mission, tout au long de sa carrière, de lutter contre les inégalités en matière de soins de santé dans le monde.

Avant de partir à la retraite en juin 2021, quittant alors ses fonctions de professeur de chirurgie pédiatrique et de directeur du McMaster International Surgery Desk à l’Université McMaster, le Dr Cameron a reçu le Prix M. Andrew Padmos de la collaboration internationale du Collège royal 2020, en reconnaissance de ses contributions à la santé et à la chirurgie mondiales.

« Ce prix est pour moi une grande source de fierté. Il montre que les Associés du Collège royal sont considérés comme de précieux partenaires là où les besoins en soins de santé sont les plus criants », dit-il.

Le travail du Dr Cameron l’a mené aux quatre coins du monde, notamment en Ouganda, dans le cadre du programme de rayonnement international du St. Joseph’s Health System; c’est toutefois au cours de ses premières années de carrière aux îles Fidji et dans le cadre de son travail à long terme au Guyana qu’il considère avoir tissé ses liens les plus significatifs.

Le Dr Cameron a non seulement aidé à officialiser la formation et à améliorer les soins chirurgicaux dans ces deux pays, mais il a également fait appel à l’appui de spécialistes canadiens, bâtissant par le fait même un lien durable entre le Canada et ces pays.

Le Dr Cameron, photographié avec le Prix M. Andrew Padmos de la collaboration internationale (photo soumise)

Enseigner la chirurgie aux Fidji tout en empêchant la fermeture de l’école de médecine

Formé en chirurgie générale à l’Université de Calgary, le Dr Cameron a déménagé avec sa famille à Suva en 1987 pour travailler à la Fiji School of Medicine, où il a œuvré pendant quatre ans à titre de tuteur clinique sénior et de professeur de chirurgie à temps plein (il était en fait le seul professeur de chirurgie pour plus de 100 étudiants). Il a également travaillé à l’hôpital local.

« Lorsque je suis arrivé, j’étais l’un des trois chirurgiens consultants chargés de superviser les médecins d’établissement locaux avec plus de 20 ans d’expérience, explique-t-il. Même si les médecins d’établissement étaient en mesure de prendre en charge les soins chirurgicaux courants, ils n’avaient jamais reçu de formation médicale postdoctorale (FMPD) formelle en chirurgie. Ils étaient plutôt encadrés par des chirurgiens séniors et dépendaient de chirurgiens consultants venant de l’étranger. »

Pour combler cette lacune dans la formation officielle, le Dr Cameron a fait appel au Royal Australasian College of Surgeons, qui a ensuite mis en place des programmes rigoureux de FMPD aux Fidji.

Quelques mois après son arrivée, le Dr Cameron s’est retrouvé devant l’inattendu.

« Le pays a connu un coup d’État militaire, et nous pensions devoir fermer l’école de médecine en raison du manque de personnel enseignant, relate-t-il. J’étais l’un des seuls membres restants du corps professoral, et j’ai joué le rôle de doyen par intérim. »

En collaboration avec des collègues fidjiens, le Dr Cameron s’est entretenu avec le gouvernement et a émis certaines recommandations, dont financer quelque six autres postes à temps plein et approcher le gouvernement canadien afin d’obtenir en renfort la venue de professeurs pour des périodes de trois mois. Grâce au dévouement et à la collaboration du Dr Cameron, l’école de médecine est restée ouverte. En 1988, un nouveau doyen a été nommé et l’école a célébré son centième anniversaire.

« Ce chapitre de ma carrière aux Fidji, cette école de médecine qui a échappé à la fermeture, est probablement l’accomplissement dont je suis le plus fier », estime-t-il.

Élaborer le premier programme de formation postdoctorale en chirurgie au Guyana

Après les Fidji, le Dr Cameron a déménagé à Vancouver pour être formé en chirurgie pédiatrique. Peu après, sa carrière en santé et chirurgie mondiales a pris une nouvelle direction, l’amenant cette fois à Georgetown, la capitale du Guyana, où il continue de se rendre encore aujourd’hui.

Le Dr Cameron a collaboré avec des collègues guyanais et avec l’Association canadienne des chirurgiens généraux (ACCG) pour élaborer le premier programme au pays de formation postdoctorale en chirurgie, à l’université du Guyana.

« Nous avons présenté le projet de collaboration Guyana-ACCG au haut-commissariat du Canada au Guyana afin de sonder l’intérêt du Canada à appuyer l’élaboration de ce programme, explique-t-il. Nous avons été heureux d’apprendre qu’une subvention et un budget pouvaient nous être octroyés pour les frais de déplacement, nous permettant ainsi de financer la venue d’enseignants canadiens. »

« Plus important encore, la moitié du budget a servi à nos partenaires guyanais afin qu’ils puissent fournir des allocations à leur propre corps professoral et ouvrir un bureau de l’éducation médicale postdoctorale affilié à l’université », ajoute-t-il.

De 2005 à 2014, 29 chirurgiens canadiens ont été recrutés par l’entremise de l’ACCG et ont cumulé plus de 75 séjours d’enseignement d’une durée de deux semaines, lors desquels ils travaillaient en collaboration avec les membres du corps professoral local chargé d’enseigner la moitié des modules. En 2014, 14 chirurgiens avaient terminé leur formation. Certains d’entre eux ont effectué des stages de perfectionnement au Canada.

« Ce partenariat a été une réussite incroyable. Ces chirurgiens sont maintenant des consultants qui œuvrent dans des programmes de FMPD et qui fournissent des services cliniques. »

Il y a deux ans, alors qu’il assistait à une réunion du Caribbean College of Surgeons (CCOS), le Dr Cameron a vu cinq des premiers finissants du programme Guyana-ACCG obtenir la certification du CCOS.

« Ils étaient dorénavant reconnus par leurs pairs comme étant pleinement qualifiés et respectueux de l’éthique, dit-il. Ce moment a été mémorable. »

La programme Guyana-ACCG a entraîné plusieurs autres collaborations de FMPD avec les Associés du Collège royal, notamment en anesthésiologie, en obstétrique et gynécologie, en pédiatrie et en médecine interne.

L’enseignement : le rôle le plus important d’un médecin

En repensant à ses liens de longue date aux Fidji et au Guyana, le Dr Cameron relève l’importance première de l’éducation pour bâtir la capacité locale dans des milieux où les ressources se font rares.

« Les ressources les plus importantes d’un pays sont ses ressources humaines et le rôle le plus important d’un médecin est de leur enseigner son savoir », estime-t-il.


Mots-clés


Laissez un commentaire. Afin de réduire le courrier indésirable, les commentaires sont examinés avant d'être affichés.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Envoyer