Le Dr James Wilson est le lauréat du Prix du mérite James H. Graham 2019

Personnel du Collège royal
avril 24, 2019 | Auteur: Personnel du Collège royal
Lecture de 4 min

Il accueille – et définit – le changement depuis 40 ans en formation médicale et en pratique clinique

James Wilson, MD, FRCSC, comprend pourquoi son père était inquiet et a émis des réserves lorsqu’il lui a fait part au début des années 1970 de son désir d’entreprendre une carrière en médecine. Son père, un médecin généraliste et chirurgien de Port Colborne, en Ontario, ne voyait pas d’un bon œil les changements qui avaient cours dans les soins de santé et craignait pour l’avenir de la profession.

Son père avait ainsi été témoin de l’introduction controversée de l’assurance maladie en 1968 et s’inquiétait de la façon dont elle allait modifier la relation médecin-patient. Pourtant, il a fini par en reconnaître les bienfaits.

« Il n’avait plus à accepter de poulets, de pommes de terre et de cigares au chou en guise d’honoraires », raconte son fils dans un article paru en 2015 dans la rubrique « Legends in Urology » du The Canadian Journal of Urology, pour illustrer à quel point la pratique de la médecine avait évolué en une seule génération.

Quand, 35 ans plus tard, son propre fils exprima à son tour un intérêt pour la carrière de médecin, le père Dr Wilson se montra beaucoup plus positif dans ses conseils.

Il avait lui aussi observé des changements spectaculaires dans le domaine des soins de santé, mais était beaucoup plus à l’aise avec ceux-ci que ne l’avait été son père, et nettement plus optimiste quant à l’avenir de la profession.

« J’ai eu la chance, pendant ma carrière, de constater qu’il existe toujours de meilleures façons de faire les choses et qu’il y aura toujours du changement; il y a cependant une constante qui donne tout son sens à la pratique de la médecine, et c’est le patient qui nous consulte pour obtenir de l’aide », confia-t-il récemment dans une entrevue.

Le Dr Wilson, sa femme, Jean, et leurs petits-enfants

Le Dr Wilson, sa femme, Jean, et leurs petits-enfants

Incarner le changement

Le Dr Wilson connait les tenants et aboutissants de la formation médicale et de la pratique clinique au Canada depuis les années 1970. Dans le domaine de l’urologie, il fait partie des architectes de ce changement. Au cours de ses 35 années de carrière à l’Université Queen’s et à l’Hôpital général de Kingston, il a fait d’importantes contributions à la formation médicale et à la pratique clinique au Canada.

Une grande partie de l’impact et de l’influence du Dr Wilson provient de ses nombreux rôles au sein du Collège royal, ce pourquoi on lui décerne le Prix du mérite James H. Graham 2019.

Fonctions occupées au sein du Collège royal

Le Dr Wilson à une réunion du Conseil du Collège royal, juin 2017

Le Dr Wilson à une réunion du Conseil du Collège royal, juin 2017

Le Dr Wilson a siégé à de nombreux comités du Collège royal. Parmi ceux-ci, on compte le Comité de l’éducation spécialisée et le Comité de spécialité en urologie, de 2002 à 2006 et le Comité des spécialités, de 2009 à 2012.

Son travail au sein du Collège royal a permis de faire évoluer les choses par rapport à la médecine clinique et a contribué au « bien-être des médecins ».

« Nous avons tous besoin de variété. C’est aussi une question de redonner. J’ai reçu beaucoup plus que j’ai contribué, quand je pense aux expériences que j’ai eues et aux bénévoles extraordinaires que j’ai rencontrés, des personnes qui sont des leaders de la médecine au Canada. »

Richard Reznick, MD, FRCSC, doyen de la Faculté des sciences de la santé de l’Université Queen’s, affirme que, dans les annales du Collège royal, peu de personnes ont autant contribué à l’organisation que le Dr Wilson.

« Nous plaisantions, lui et moi, sur le fait que nous nous voyions plus souvent à Ottawa qu’à Kingston », souligne-t-il.

Le Dr Wilson a été visiteur d’agrément à titre bénévole pour huit universités canadiennes et a siégé comme membre du Conseil pendant plus de sept ans.

« Je crois que toutes les personnes ayant siégé au Conseil au cours de la dernière décennie tiennent Jim en haute estime et savent que l’on peut toujours se tourner vers lui lorsqu’on a besoin d’un conseil éclairé », ajoute le Dr Reznick.

Contributions à l’Ontario et à Kingston

Le Dr Wilson a également œuvré pour sa province d’origine, en étant actif au sein de l’Ordre des médecins et chirurgiens de l’Ontario et du ministère de la Santé, notamment en présidant le groupe de travail sur la réinsertion du ministère, de 1997 à 2008, et en siégeant au sous-comité des études postdoctorales pendant cinq ans.

Il a même trouvé le temps de faire du bénévolat à Kingston au cours de sa carrière, comme président du Kingston Hospice, président de la Kingston Symphony Association et comme membre actif de la paroisse de la cathédrale St. George.

« Jim a réussi à concilier toutes ces activités tout en demeurant un professeur très dévoué ici à l’Université Queen’s, en fournissant un excellent service en urologie pour la collectivité et en produisant d’importants travaux universitaires à part entière », mentionne le Dr Reznick.

Dr. Wilson performing a percutaneous renal stone procedure in Kingston, 1983

Dr. Wilson performing a percutaneous renal stone procedure in Kingston, 1983

Retour en arrière, regard en avant

De tous les changements survenus dans le domaine de la formation médicale au Canada au cours des 40 dernières années, c’est sans doute la diversité dans les écoles de médecine d’aujourd’hui qui impressionne le plus le Dr Wilson.

« C’est assez remarquable. Cette diversité reflète beaucoup mieux la réalité canadienne qu’autrefois. »

Le Dr Wilson observe, toutefois, qu’il y a encore du travail à faire dans sa propre spécialité en ce qui concerne la parité hommes-femmes. « Dans notre programme, 40 % de nos résidents sont des femmes. On s’approche du but, mais on n’y est pas tout à fait encore. »

Il déplore toutefois les inégalités dans la répartition géographique des médecins au Canada.

« Je constate l’attrait pour la ville, les zones urbaines, et parfois je m’inquiète que nos processus de sélection soient trop restrictifs pour les personnes provenant de petites communautés rurales au pays. Je crois que toutes les écoles de médecine ont la responsabilité de préparer les médecins de façon à ce qu’ils puissent exercer partout au Canada, et pas seulement dans les zones urbaines. »

En ce qui concerne les changements continus dans le domaine de la formation médicale au Canada, le Dr Wilson fait valoir que nous sommes entre bonnes mains. Il met toutefois l’accent sur l’importance de maintenir le modèle clinicien-instructeur.

« La médecine est l’une des rares professions qui reposent encore sur un socle d’apprentissage expérientiel. Ce sont les praticiens cliniciens qui enseignent aux étudiants en médecine. Et nous devons préserver le rôle du bon clinicien dans le processus de formation médicale ».

Le Dr Wilson se dit honoré de recevoir le Prix du mérite James H. Graham et de figurer sur la liste prestigieuse des lauréats du prix.

« J’ai été très surpris de me retrouver parmi des lauréats aussi éminents. »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Submit