« L’avantage d’être sourd, c’est que ma vision est parfaite. »

Le 13 août 2020 | Auteur: Personnel du Collège royal
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Le Dr Andrew Simone reçoit le Prix Teasdale-Corti d’action humanitaire 2020 du Collège royal

À 82 ans, un dermatologue de Toronto qui a consacré sa vie à aider les plus démunis reçoit le Prix Teasdale-Corti d’action humanitaire du Collège royal.

Ce prix rend hommage aux médecins qui sont des modèles d’altruisme, d’intégrité, de courage et de persévérance dans le soulagement de la souffrance humaine et, selon le Dr Sam Hanna, directeur médical de la clinique Dermatology on Bloor, le Dr Simone est l’incarnation de [ces] principes.

Le Dr Andrew Simone (Photo soumise)

Le sacrifice d’une vie

En 1975, Andrew Simone, CM, MD, DSL, FRCPC, et son épouse Joan ont décidé de consacrer leur vie à aider les personnes démunies et vulnérables de Toronto et des pays en développement, particulièrement les enfants. « Nous avons changé notre style de vie, et nous sommes dépouillés d’une grande partie de notre argent et de nos biens. »

En 1980, un prêtre leur a demandé d’aider l’organisme de bienfaisance de Mère Teresa, en Inde, et c’est ainsi qu’ils ont commencé à recueillir des dons en argent auprès de la population canadienne. En 1981, Mère Teresa leur a écrit personnellement pour leur demander d’envoyer des denrées alimentaires aux plus démunis en Afrique. « Nous avons alors appris à expédier de la nourriture aux Missionnaires de la Charité dans huit pays. »

Au fil du temps, Mère Teresa les a encouragés à fonder leur propre organisme de bienfaisance, Canadian Food for Children, qui a beaucoup évolué avec les années et envoie aujourd’hui cinq millions de kilos de nourriture par année, grâce à la contribution de milliers de bénévoles et à l’aide de grandes entreprises partenaires.

« Parmi nos donateurs, les Producteurs d’œufs du Canada donnent annuellement un demi-million d’œufs en poudre. Avec de l’eau, on en fait des œufs brouillés, précise le Dr Simone. C’est ainsi qu’ils contribuent chaque année depuis nos débuts; il s’agit d’une excellente source de protéines. »

Le dermatologue des démunis

Jennifer Beecker, MD, FRCPC, de l’Association canadienne de dermatologie, ajoute que le Dr Simone est allé beaucoup plus loin. « De 1983 à 2008, dans sa foulée philantropique, [il] a offert des services de dermatologie dans le cadre de missions médicales bénévoles dans des pays en développement comme le Salvador, Haïti, la Zambie, la Sierra Leone et le Pérou. Il a ainsi offert des soins dermatologiques à un nombre invraisemblable de personnes durant ses nombreux voyages à l’étranger. »

Avec l’aide de Joan, le Dr Simone dirige maintenant une clinique de dermatologie sans rendez-vous attenante à sa résidence de Toronto, six jours par semaine. Il cherche ainsi à mieux servir les personnes marginalisées. Sa pratique est surtout concentrée sur la détection précoce du cancer de la peau. Le samedi, il reçoit des patients de 4 h à 9 h – les gens qui vivent à l’extérieur de la ville peuvent ainsi éviter les embouteillages.

Les employés de la clinique sont en mesure de servir les patients qui ne parlent pas anglais puisqu’on y parle aussi français, espagnol, italien, ukrainien, polonais, arabe et mandarin.

Ouïe déficiente, vue développée

Le Dr Simone défie les lois de la nature. Il est parvenu à accomplir toutes ces choses malgré une capacité auditive limitée à cinq pour cent. Il a perdu l’ouïe lorsqu’il étudiait en médecine à l’Université Queen’s. On lui a dit à ce moment qu’il ne pourrait pas devenir médecin, vu son incapacité à entendre les patients, à utiliser un stéthoscope ou à parler au téléphone. Son doyen n’en étant pas convaincu, il lui a conseillé de devenir dermatologue.

« L’avantage d’être sourd, c’est que ma vision est parfaite, fait-il remarquer. Étant donné que la dermatologie est fondée sur l’observation dans 99 % des cas, je peux établir le diagnostic des patients en 10 secondes dans 95 % des cas. »

Malgré son handicap, le Dr Simone a terminé deuxième de sa cohorte à l’Université Queen’s en 1963. Il a reçu une médaille pour son rendement scolaire. « Quand j’ai réalisé que j’avais perdu l’ouïe, je me suis juré de ne pas abandonner. Nous avions deux garçons en bas âge; j’ai travaillé sans relâche. »

Le don de la persévérance

Malgré une neuvième décennie bien assumée, ce nageur de compétition aime toujours courir ses 10 kilomètres. Il a participé à quatre triathlons Ironman et à deux marathons de Boston.

« Je pense que Dieu m’a fait cadeau de plusieurs dons, surtout celui de la persévérance. J’ai travaillé tous les jours durant 51 ans, sans jamais m’absenter pour cause de maladie. »

Avec le recul, le Dr Simone applaudit le travail acharné, le dévouement et les sacrifices de son épouse, Joan. « Nous n’avons pas besoin d’argent, ni rien du genre. Nous sommes heureux d’être en bonne santé et de pouvoir aider les démunis. »

Vous ne serez pas surpris d’apprendre que le Dr Simone n’est pas en quête de prix ou de reconnaissance. Joan et lui ont pourtant reçu des lettres de remerciements de Mère Teresa, et il a reçu l’Ordre du Canada, la Croix de l’Honneur ainsi qu’un doctorat honorifique en lettres sacrées.

Ensemble, ils ont élevé 14 enfants et recueilli 23 enfants en tant que foyer d’accueil, dans leur résidence de Toronto. Joan a donné naissance à 12 enfants, et ils ont adopté deux fils. Ils ont 34 petits-enfants et trois arrière-petits-enfants.

Le Dr Simone et Joan ont mené une vie très heureuse. Chaque été, ils partent en camping pendant deux semaines. Le Dr Simone apprend l’espagnol, le français, l’italien, le créole (Haïti) et l’allemand durant ses temps libres.

Le Dr Simone et son épouse Joan célébrant son accomplissement ainsi que leur 60e anniversaire de mariage. (Photo soumise)


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