La voie à suivre face à l’urgence de pallier le manque de diversité en médecine

Personnel du Collège royal
23 septembre, 2019 | Auteur: Personnel du Collège royal
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Le samedi 28 septembre, le Dr Quinn Capers prononcera l’exposé de la plénière de clôture de la CIFR 2019 sur l’actuel manque de diversité en médecine et proposera des solutions aux éducateurs et aux institutions. Le Dr Capers est cardiologue d’intervention, éducateur médical et vice-doyen des affaires facultaires (auparavant doyen associé aux admissions) à l’Ohio State University College of Medicine. De 2009 à 2019, ses pairs médecins l’ont reconnu chaque année à l’issue d’un vote comme l’un des meilleurs médecins aux États-Unis.

Que nous réserve votre exposé de clôture?

Dr Quinn Capers, IV, MD, FACC

Je l’ai divisé en quatre parties pour expliquer le problème créé par le manque de diversité en médecine et ce que nous pouvons faire pour corriger la situation. Je passerai en revue les faits et données qui montrent que ce manque de diversité nuit aux patients, l’aide que peut leur apporter le simple fait d’accroître la diversité, les raisons expliquant le manque de diversité et les facteurs pouvant contribuer à une plus grande diversité en médecine.

Pourquoi la question de la diversité est-elle importante actuellement?

Cela fait des dizaines d’années que les associations médicales des États-Unis, du Canada et d’autres pays ont pour objectif de former un éventail diversifié et un nombre précis de médecins avant une année x. Nous avons eu recours à toutes sortes de slogans accrocheurs pour « vendre » ces programmes, mais nous ne sommes pas parvenus à une véritable diversité. J’expliquerai pourquoi il s’agit d’un grave problème et je présenterai les mesures que nous pouvons prendre.

Vous utilisez un terme très fort en parlant d’« urgence »; pourquoi?

Les données révèlent que ce ne sont pas tous les groupes d’une population ayant reçu le même diagnostic qui reçoivent les mêmes traitements. Ce problème touche particulièrement les femmes et les minorités, par ailleurs sous-représentées au sein des professions médicales. Ces groupes restent en deçà des statistiques sur la santé et la survie à des maladies graves. Par exemple, les femmes et les membres des minorités qui font une crise cardiaque reçoivent en moyenne moins de soins que les autres patients, et leurs taux de survie sont moins élevés. L’urgence réside dans le fait que des décès surviennent, et que, parfois, ces décès sont largement attribuables au manque de diversité que nous constatons dans le domaine médical.

Quelles sont les causes de ces disparités dans l’accès aux traitements?

Elles sont nombreuses. La diversité de plus en plus marquée de nos patients dépasse de loin celle qui est constatée au sein de la profession médicale. Le manque de communication et de compréhension entre médecins et patients qui est susceptible d’en découler peut ainsi créer des disparités dans l’accès aux traitements. Les préjugés sexistes, racistes et homophobes de certains médecins sont parfois évidents. Les données indiquent aussi qu’en dépit de nos bonnes intentions, nos préjugés inconscients, en raison de l’apparence d’une personne ou de sa façon de s’exprimer, peuvent nous amener à prendre des décisions qui nuisent à ces patients.

Comment une plus grande diversité peut-elle réduire les disparités mentionnées?

Une plus grande diversité augmentera la probabilité d’interaction entre un éventail diversifié de patients et de médecins, sans compter que les avantages de partager la même culture sont nombreux. Un milieu de travail diversifié contribue surtout à la compétence culturelle et à l’humilité culturelle dont les médecins doivent faire preuve. Les soins aux patients en sont donc améliorés. Selon une étude fiable, les médecins diplômés d’une école de médecine qui valorise la diversité se sentent plus à l’aise de fournir des soins à des patients de divers horizons que leurs homologues diplômés d’une école sans diversité.

À qui cette conférence sera-t-elle surtout utile?

Elle sera utile à tous ceux qui désirent savoir comment conjuguer nos efforts pour faire place à une grande diversité, qu’il s’agisse du personnel et des enseignants chargés des admissions dans les écoles de médecine, des enseignants responsables de la sélection dans les programmes de résidence ou des autres médecins et professionnels de la santé.