Innovations canadiennes en médecine aéronautique : au-delà de la combinaison de vol de Franks

Le 16 décembre 2020 | Auteur: Billet d'invité
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Dr George Rakovich, MD, FRCSC


Le Comité consultatif sur l’histoire et le patrimoine du Collège royal a rédigé cet article à l’occasion du jour du Souvenir et du 75e anniversaire de la fin de la Deuxième Guerre mondiale, , non seulement pour reconnaître l’importante contribution des médecins durant la guerre, mais aussi pour rendre hommage aux personnes qui se sont sacrifiées au nom de la liberté.


Wilbur Franks, professeur au Banting and Best Department of Medical Research, photographié avec la combinaison de vol de Franks – la première combinaison anti‑g, qui, lors de la Deuxième Guerre mondiale, a permis aux pilotes alliés de demeurer conscients lors de l’exécution de virages brusques à grande vitesse. (Photo : Jack Marshall et Archives de l’Université de Toronto)

Lors de la Deuxième Guerre mondiale, la nature évolutive de la conduite de guerre exigeait des aéronefs militaires qu’ils se déplacent à des altitudes et des vitesses qui forçaient pilotes et équipages à affronter des niveaux de stress extrêmes jusqu’alors inconnus sur les plans physiologiques et psychologiques (1, 2). Les équipes de recherche canadiennes devinrent alors des pionnières du domaine de la médecine aéronautique (1,3).

Le costume antigravité ou la combinaison anti‑g (aussi appelée la combinaison de vol de Franks) est possiblement l’une des innovations canadiennes les plus reconnues (3). Cette innovation découle de l’exigence d’un supplément d’oxygène à haute altitude en atmosphère raréfiée. Les masques à oxygène antérieurs étaient mal conçus : ils entraînaient le gaspillage d’oxygène et étaient généralement inefficaces en raison de mauvais ajustements et des débits déséquilibrés (1,4). En outre, l’humidité résiduelle des mélanges oxygénés disponibles avait tendance à geler lorsqu’exposée aux basses températures d’une altitude élevée, ce qui bouchait les conduits et les vannes du système et qui gênait l’apport en oxygène (1,4). Les chercheurs canadiens étaient parmi les premiers à développer un masque capable de résoudre ces problèmes; leur conception fut subséquemment adoptée par l’Aviation royale canadienne et la Royal Air Force pour de nombreux vols tout au long de la guerre (1). Les principales caractéristiques de la conception canadienne ont par la suite été intégrées aux modèles britanniques et américains (1).

Les travaux de recherche en médecine aéronautique lors de la Deuxième Guerre mondiale ont été effectués dans plusieurs universités canadiennes, dont l’Université de Toronto, l’Université McGill, l’Université Western et l’Université de l’Alberta, et ont porté sur différents sujets notamment l’évaluation psychologique des candidats de vols, les effets du bruit sur les communications et la fatigue mentale et la vision nocturne (1-4). Par conséquent, au terme de la Deuxième Guerre mondiale, le Canada était à l’avant-garde de la recherche à cet égard (1).

Références et lectures supplémentaires

  1. Stewart, C. B., 1947. Canadian Research in Aviation Medicine. Public Affairs: A Maritime Quarterly for Discussion of Public Affairs.
  2. Ryan, R. W., & Hall, G. E., 1941. Some Aspects of Aviation Medicine. Canadian Medical Association journal44(3), 227.
  3. Smith, G., 1999. The Franks Flying Suit in Canadian Aviation Medicine History, 1939–1945. Canadian Military History8(2),
  4. Whittingham, H. E., 1955. Medical science and problems of flying. British medical journal1(4909), 303.

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