En souvenir du Dr Bill Feldman, pionnier de la pédiatrie fondée sur des données probantes au Canada

Le 17 juillet 2019 | Auteur: Billet d'invité
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Le Dr Bill Feldman

Le Dr Bill Feldman

William « Bill » Feldman, MDCM, FRCPC, est décédé le 25 mai 2019 à Toronto, à 82 ans. Une célébration de sa vie aura lieu le dimanche 21 juillet 2019, de 12 h à 19 h, au 278 rue Bloor Est, à Toronto.

Mon grand-père avait dit à mon père qu’il pouvait devenir tout ce qu’il voulait, interniste, obstétricien, pédiatre, chirurgien… tout. Mon père, qui était parfois têtu, s’est montré un peu rebelle. Il a étudié la littérature anglaise. (Leonard Cohen était aussi dans l’un de ses cours).

Même s’il adorait la littérature, il a commencé à s’intéresser vraiment à la médecine, un peu avant d’obtenir son diplôme. Il n’avait pas reçu de formation scientifique, mais il s’est inscrit et a été admis à la faculté de médecine. Il a atteint le quatrième rang de sa promotion à la Faculté de médecine de l’Université McGill, puis a effectué d’autres études en pédiatrie.

Il a été le premier membre de la famille à exercer cette discipline.

Mon père adorait son rôle de grand-père. Il était très présent auprès de ses petits-enfants.

Mon père adorait son rôle de grand-père. Il était très présent auprès de ses petits-enfants.

Après avoir terminé sa formation de base, et été résident chef, il a fait des études en néphrologie pédiatrique. Il a contribué à la création d’un service de dialyse péritonéale ambulatoire pédiatrique à Montréal. Il a ensuite été médecin traitant pendant deux ans avant qu’Alvin Zipursky, premier directeur de la division de pédiatrie à la nouvelle faculté de médecine de l’Université McMaster, le convainque de venir travailler avec lui à Hamilton, en Ontario.

Là-bas, mon père s’est rapidement intéressé à la recherche, à la méthodologie de recherche et à la médecine factuelle. Il a pris un congé sabbatique avec le célèbre Dave Sackett, corédacteur d’un manuel d’épidémiologie clinique, avec Tugwell et Haynes. Par la suite, il s’est consacré en grande partie à l’élaboration de stratégies fondées sur des données probantes et à des activités d’évaluation critique. C’est pour cette raison qu’il est pour plusieurs l’un des « pionniers de la pédiatrie fondée sur des données probantes au Canada », avec Michael Kramer et quelques autres.

Mon père est ensuite devenu chef du service de pédiatrie ambulatoire au CHEO. Plus tard, l’Hôpital SickKids l’a convaincu de devenir chef de la division de médecine pédiatrique et lui a offert plus de possibilités de mener des recherches. Il y a créé un stage universitaire de perfectionnement en pédiatrie générale, qui existe toujours. Il a également formé l’équipe de recherche en pédiatrie qui a mis sur pied le projet TARGget Kids! (Groupe de recherche appliquée pour les enfants), lequel a publié de nombreux rapports de recherche. De son côté, mon père a publié plus de 100 articles révisés par des pairs et six livres, dont l’un pour le grand public, sur les données probantes et savoir distinguer le vrai du faux. Il était à l’avant-garde dans ce domaine.

Mes parents

Mes parents

J’ai toujours voulu être médecin, en partie, parce que mon père nourrissait une grande passion pour sa profession, qui était évidente lorsqu’il en parlait. Lorsqu’une cause, un projet, une recherche ou une orientation stratégique lui tenait à cœur, il ne lâchait jamais prise. Il a notamment réussi à convaincre le gouvernement de l’Ontario d’adopter une loi pour que les enfants aient une preuve de vaccination avant de fréquenter un établissement scolaire.

Il a influencé plusieurs membres de la famille : mon frère est pédiatre, je le suis aussi, de même que mon cousin et notre voisin (qui allait devenir garde forestier)…

Mon père était profondément attaché à sa famille. Lorsque ma mère a lutté contre un cancer, il a pris une retraite anticipée pour s’occuper de tous ses soins palliatifs. Lorsqu’elle est décédée en 2000, il avait 64 ans. À l’époque, il était directeur du département de pédiatrie au Centre de santé St. Joseph’s, où l’âge de la retraite obligatoire était de 70 ans. J’ai donc embauché mon père dans notre hôpital pédiatrique communautaire, où il a fourni des soins aux patients externes pendant cinq autres années.

Mon père et moi en train de rigoler

Mon père et moi en train de rigoler

Tout au long de ma carrière, j’ai souvent entendu des collègues de mon père dire qu’« il a eu une grande influence sur leur carrière », « été un mentor », ou rappeler sa personnalité ou à quel point il comptait pour eux.

Tous ceux qui ont connu mon père l’aimaient beaucoup. C’est ce que l’on dit d’habitude, mais c’est vrai. Il était toujours pondéré, positif, solidaire et n’était pas vaniteux. Bref, il était bon et estimé de tous.

Mark Feldman, MD, FRCPC, est le fils du Dr Bill Feldman. Il est professeur agrégé à l’Université de Toronto et directeur, Pédiatrie communautaire et formation continue, au Département de pédiatrie. Il est aussi pédiatre à temps plein à l’Hôpital pour enfants malades (SickKids) et au Centre de santé St. Joseph’s.


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