En mémoire de John Last, épidémiologiste, promoteur de la santé auprès du public, collectionneur de livres, écrivain

Billet d'invité
10 décembre, 2019 | Auteur: Billet d'invité
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John M. Last, OC, MBBS, MD, FRCPC, est décédé le 11 septembre 2019, un peu avant son 93e anniversaire. Un service commémoratif sera célébré le mardi 11 février 2020, de 16 h à 17 h 30, à l’Amphithéâtre B (2003), Pavillon Roger Guindon, Université d’Ottawa, 451, chemin Smyth, Ottawa. Il sera suivi d’une réception. Veuillez confirmer votre présence à Rebecca.Last@Canada.ca.

Le Dr Last a contribué de nombreuses années aux activités du Collège royal. De 1990 à 1997, il a siégé au Comité des politiques publiques et de la santé, au Comité de l’éthique et de l’équité et au Comité de la bibliothèque et des archives. Grand collectionneur de livres, il a constitué une impressionnante bibliothèque d’ouvrages anciens et rares, et de livres de collection sur l’histoire de la médecine, la santé publique et communautaire, l’éthique et la philosophie de la médecine. Il a fait don de plus de 930 de ces livres au Collège royal, la collection John M. Last.

À l’été 2015, le Dr Last a soumis un article nécrologique au Collège royal, rédigé à la première personne, et demandé qu’il soit publié après l’annonce de son décès. Voici cet article.


Le Dr John Last en 1982 (Photo : Julie Paul)

Le Dr John Last en 1982 (Photo : Julie Paul)

J’ai eu une vie bien remplie et très agréable. Né en Australie-Méridionale en 1926, j’ai étudié au Collège St. Peter’s et obtenu un diplôme de médecine à l’Université d’Adelaide en 1949. Après avoir exercé pendant 10 ans dans des hôpitaux à Adelaide et en Grande-Bretagne, et été médecin de famille à Adelaide, j’en suis venu à penser qu’il valait mieux miser sur la prévention que d’attendre que les maladies, les blessures et les décès prématurés ne frappent.

J’ai reçu une formation en santé publique et en épidémiologie à l’École de santé publique et de médecine tropicale de l’Université de Sydney et à l’Unité de recherche en médecine sociale du Conseil de recherche médical au Royaume-Uni, à Londres, où j’ai eu Jerry Morris comme mentor. J’ai occupé des postes universitaires à l’École de santé publique et de médecine tropicale de l’Université de Sydney, à l’Université du Vermont (É.-U.), à l’Institut Usher de santé publique de l’Université d’Edimbourg (Écosse), avant de travailler à l’Université d’Ottawa, où j’ai été directeur du Département d’épidémiologie et de médecine communautaire, de 1970 à 1978, et professeur émérite, à partir de 1992.

J’ai été consultant auprès de l’OMS et d’autres organismes, et professeur invité en Amérique latine, en Asie du Sud-Est, au Moyen‑Orient et en Europe. J’ai souvent eu la chance de me trouver à la bonne place au bon moment et j’en ai profité pleinement. Ma vaste expérience en médecine de famille et ma formation en épidémiologie étaient très en demande à la fin des années 1960, et j’ai pu choisir parmi des possibilités de carrière au Royaume-Uni, aux États-Unis et au Canada. Cette combinaison et ma maîtrise de la langue m’ont aussi donné des occasions uniques d’écrire et de réviser des ouvrages importants dans mon domaine.

J’ai reçu de nombreux prix et distinctions. En 1993, j’ai reçu un doctorat honoris causa de l’Université d’Uppsala, en Suède, et, en 2003, de l’Université d’Édimbourg, en Écosse. J’ai été l’une des deux seules personnes à recevoir le prix le plus prestigieux, la médaille d’or, des associations canadienne et américaine de santé publique. J’ai été nommé officier de l’Ordre du Canada en 2012.

J’ai été rédacteur en chef des 11e, 12e et 13e éditions de Public Health and Preventive Medicine (« Maxcy-Rosenau-Last ») et rédacteur émérite des 14e et 15e éditions. J’ai compilé et révisé les quatre premières éditions du Dictionary of Epidemiology, pour lequel j’ai été aussi rédacteur associé (5e et 6e éditions). Des épidémiologistes du monde entier utilisent ce dictionnaire, traduit en 15 langues (au moins). Après le succès qu’il a connu, j’ai compilé et révisé le Dictionary of Public Health.

J’ai été président de l’American College of Preventive Medicine, de 1987 à 1989, et occupé des postes dans plusieurs autres associations et collèges professionnels. Ma monographie, Public Health and Human Ecology, a servi de texte d’orientation dans de nombreuses écoles de santé publique et d’autres programmes de formation supérieure. J’ai été rédacteur scientifique de la Revue canadienne de santé publique, de 1981 à 1992, rédacteur des Annales du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada, de 1991 à 1998, et rédacteur ou membre du comité de rédaction de plusieurs autres livres et revues. J’ai dirigé l’initiative de l’Association internationale d’épidémiologie visant à élaborer des lignes directrices de l’éthique de la pratique, de la recherche et de l’enseignement épidémiologiques. J’ai joué un rôle majeur dans l’élaboration de lignes directrices déontologiques relatives aux études épidémiologiques du Conseil des organisations internationales des sciences médicales et de l’American College of Epidemiology.

John Last en janvier 2014, tenant son livre Public Health and Human Ecology (New York: McGraw Hill, 1997). La bibliothèque derrière lui comprend plusieurs livres qu’il a écrits, révisés ou auxquels il a contribué par des articles. Photo : Université d’Ottawa

John Last en janvier 2014, tenant son livre Public Health and Human Ecology (New York: McGraw Hill, 1997). La bibliothèque derrière lui comprend plusieurs livres qu’il a écrits, révisés ou auxquels il a contribué par des articles. Photo : Université d’Ottawa

J’ai révisé ou rédigé plusieurs autres ouvrages, les chapitres de 51 livres, environ 100 articles originaux dans des revues médicales et scientifiques examinées par les pairs, des articles dans plusieurs encyclopédies, ainsi que des documents, documents de travail, dépliants d’information, etc. pour les gouvernements du Canada et de l’Ontario, l’OMS et d’autres organismes multilatéraux.

À Adelaide, au printemps 1955, j’ai fait monter deux jeunes autostoppeuses. La joie de vivre, l’esprit d’aventure, la sollicitude et le sourire contagieux de l’une d’elles m’ont immédiatement séduit. Après plusieurs mois de fréquentations, je l’ai épousée; Janet Margaret Wendelken (« Wendy ») et moi sommes ensemble depuis près de 55 ans. Nous avons eu trois enfants, Rebecca, David et Jonathan, et trois petits-enfants, Chris, Peter et John. En vrai gentleman, je l’ai laissé partir la première; elle a lutté contre la maladie du motoneurone et est décédée en 2010.


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