Dre Basran : « Nous ne pouvons pas guérir les maladies chroniques, mais nous pouvons offrir de meilleurs soins. »

Personnel du Collège royal
9 octobre, 2019 | Auteur: Personnel du Collège royal
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La seule gériatre de la Saskatchewan certifiée par le Collège royal a présenté de l’affinité pour les personnes âgées tôt dans la vie. Jenny Basran, MD, FRCPC, a grandi dans la petite collectivité de Cabri, en Saskatchewan. Sa famille habitait un logement situé au-dessus de son restaurant chinois, où des aînés se réunissaient souvent pour raconter des histoires et échanger leurs opinions — et la jeune Jenny y a passé beaucoup de temps.

« J’aimais vraiment être près d’eux, se souvient-elle. Je me sentais très à l’aise avec les aînés dès un jeune âge. »

La décision de la Dre Basran de faire carrière en gériatrie a pris racine pendant ses études préparatoires en médecine à l’Université de l’Alberta, où elle a eu l’occasion de mener des recherches en collaboration avec des médecins soignant des personnes âgées. Elle était attirée par la complexité des soins gériatriques et par l’approche utilisée par l’équipe spécialisée pour répondre aux besoins des aînés.

La Dre Jenny Basran, FRCPC

La Dre Jenny Basran, FRCPC

Après avoir terminé sa formation médicale et sa résidence en médecine interne à l’Université de la Saskatchewan et avoir suivi une formation complémentaire en gériatrie à l’Université de Calgary, la Dre Basran a entrepris une carrière dans le milieu universitaire, où elle enseignait et faisait de la recherche. Étant la seule gériatre, elle a vite trouvé le lourd fardeau de l’enseignement, de la recherche et du travail clinique insupportable et a décidé de concentrer ses efforts sur ce qu’elle jugeait le plus urgent : intégrer une perspective gériatrique aux soins dans l’ensemble du système de santé. Pour ce faire, elle devait passer plus de temps à former les intervenants partout dans la province et à collaborer avec eux en vue de moderniser un système de soins de santé reposant sur les maladies aiguës et non sur les besoins en soins continus de nombreux patients dont le cas est complexe, en particulier les personnes âgées.

De par ses efforts, elle a contribué à l’élaboration de la nouvelle Connected Care Strategy de la Saskatchewan, lancée il y a plus d’un an.

« Elle porte sur la façon dont les professionnels de la santé collaborent au sein d’équipes interdisciplinaires et sur la manière de soutenir les patients dans leur transition d’une équipe à une autre », affirme la Dre Basran. Le défi consistait à bâtir un système capable de gérer la complexité, sachant que « les besoins des patients sont souvent longitudinaux et non épisodiques et qu’ils nécessitent donc le concours de tous. »

Selon la Dre Basran, si la complexité touche surtout les aînés ou les personnes souffrant de plusieurs maladies chroniques, elle est aussi présente chez des patients de tous âges, quelle qu’en soit la cause.

« Nous avons cherché la cause profonde des problèmes de roulement du système, comme les longs temps d’attente dans les salles d’urgence, dit-elle. Nous avons constaté que le problème n’était pas à l’urgence comme telle. Les lits dédiés aux soins aigus étaient souvent occupés par des patients aux besoins complexes qui n’étaient plus gravement malades, mais qui avaient encore besoin d’être traités par différents professionnels de la santé. Ces patients n’ont pas accès à un lit de soins intermédiaires ni à des soins à domicile; ils sont donc coincés dans un lit dédié aux soins aigus. Cette situation nuit au roulement des patients dans les salles d’urgence, mais plus important encore, elle accentue le déconditionnement chez bon nombre de ces patients ayant des besoins complexes. »

La Dre Basran ajoute que l’expression souvent utilisée pour désigner ces patients « coincés » est « patients nécessitant un autre niveau de soins » — une expression opérationnelle, plutôt que clinique. Le manque de soins intermédiaires fait aussi en sorte que les gens nécessitant des soins primaires n’ont d’autre choix que de se présenter à l’urgence et sont souvent hospitalisés, les soins offerts dans la collectivité n’étant pas suffisants pour répondre à leurs besoins.

En plus d’assurer l’élaboration d’options adéquates en matière de soins, la stratégie Connected Care a pour objectif de veiller ce que les équipes de soins aigus et de soins communautaires travaillent ensemble, ainsi qu’avec les patients et les membres de leur famille.

« Grâce à la stratégie, les patients sont aussi liés à leurs soins. Cela signifie qu’on doit offrir des soins centrés sur le patient, se concentrer sur ce qui compte pour lui et sur ses objectifs, et s’assurer qu’il comprend bien son état de santé », précise la Dre Basran. Il faut notamment avoir des « discussions en temps réel » avec tous ceux qui participent à la prestation des soins au patient.

C’est là que l’intérêt de la Dre Basran pour la technologie se manifeste. Son rôle actuel d’agente principale des renseignements médicaux à l’autorité sanitaire de la Saskatchewan est axé sur la santé numérique. Elle est notamment chargée d’explorer les soins virtuels et de veiller à ce que les bons renseignements électroniques soient recueillis et transmis à l’appui de la stratégie Connected Care.

« Les données que nous recueillons à l’heure actuelle et la façon dont nous communiquons les renseignements cliniques ne sont pas adéquates, affirme-t-elle. Nous devons structurer l’information de manière à ce qu’elle serve de complément numérique aux soins prodigués aux patients, en contribuant à une meilleure compréhension de la complexité tout en aidant les professionnels de la santé à travailler ensemble pour faire ce qu’il se doit. »

Produire de meilleures données, notamment en établissant des liens entre elles pour tracer un portrait longitudinal, améliore aussi la compréhension du système et appuie la prise de décisions administratives, tant au niveau des unités que des dirigeants et des politiques.

« Nous ne pouvons pas guérir les maladies chroniques, mais nous pouvons offrir de meilleurs soins. »


Le 1er octobre était la Journée nationale des aînés. Plus tôt cette année, le Collège royal a publié un rapport détaillé sur les soins médicaux fournis aux personnes âgées. Lisez le rapport : La prestation de soins de santé à une population vieillissante : Une étude sur les soins médicaux prodigués aux personnes âgées au Canada [PDF].

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