Des milieux d’apprentissage et de travail sécuritaires

Le 26 octobre 2021 | Auteur: Dre Susan Moffatt-Bruce
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Octobre – mois national de la prévention de l’intimidation – arrive à point nommé, alors que les cas d’intimidation et de violence à l’égard des professionnels de la santé sont à la hausse.

Le mois dernier, la presse annonçait en gros titres que les professionnels de la santé, considérés auparavant comme des héros, sont désormais la cible de menaces. L’article ne négligeait aucun détail sur la vague d’hostilité, d’intimidation et de violence qui déferle sur de nombreux professionnels de la santé, provoquée par des opposants aux mesures sanitaires visant à protéger la population contre la COVID-19.

Même si la nouvelle décrivait une tendance observée aux États-Unis, nous savons tous qu’elle se manifeste aussi au Canada. Il en était aussi question dans The Globe and Mail. Les cas d’abus se sont multipliés durant la pandémie, mais le problème perdure malheureusement depuis trop longtemps.

Les chercheurs Margaret Keith et James Brophy se sont donc penchés sur le phénomène. Leur livre Code White (2021) relate l’expérience d’une centaine de professionnels de la santé, et présente un constat navrant des enjeux systémiques qui perpétuent l’indifférence et l’acceptation de telles situations au Canada, comme si elles étaient implicitement liées à leur rôle.

Or, personne ne devrait faire face à de telles situations.

Voyez comment nous nous employons à lutter contre l’intimidation

Le Collège royal a toujours valorisé les milieux de travail positifs. Par conséquent, les médecins et professionnels de la santé devraient évoluer dans un milieu de formation, d’apprentissage ou de pratique exempt de toute forme de maltraitance.

Le Collège royal a donc diffusé ce mois-ci une déclaration commune du Forum médical canadien pour condamner les brimades, attaques et violences répétées à l’encontre des travailleurs de la santé lors de manifestations organisées devant de nombreux établissements de soins de santé.

Outre cette déclaration, nous mettons tout en œuvre pour apporter des changements. Par exemple, notre processus d’agrément prévoit des réprimandes et des mesures correctives lorsque les programmes de résidence n’assurent pas la sécurité physique et psychologique des apprenants.

Lancé en 2019, notre système d’agrément des programmes de résidence (CanERA) met plus explicitement l’accent sur l’importance des milieux d’apprentissage positifs et sécuritaires. Il repose sur des indicateurs tels que les politiques et les ressources qui assurent le bien-être des résidents. Il procure en outre un processus qui permet d’identifier, de divulguer et de résoudre les cas de mauvais traitement envers les résidents (p. ex., les comportements non professionnels d’intimidation, de harcèlement ou d’abus). Aussi, un sondage annuel permettra aux résidents de se prononcer tout au long du cycle d’agrément — et non seulement une fois aux huit ans, durant la visite d’agrément.

Aussi, dans le cadre de nos activités avec le CanRAC (un consortium composé des trois collèges qui agréent les programmes de formation des résidents au Canada), nous intégrons une perspective antiraciste à la formation médicale, à la recherche et aux soins cliniques. Ainsi, le CanRAC collabore avec des médecins d’expérience qui dirigent des groupes d’experts sur des sujets tels que le racisme envers les Noirs et la santé des Autochtones. Notre engagement commun à l’égard de l’autodétermination influencera les systèmes de santé et de formation médicale en vue de remédier aux inégalités et aux discriminations auxquelles sont constamment confrontés les populations racialisées et sous-représentées depuis nombre d’années. De concert avec le Collège des médecins de famille du Canada et le Collège des médecins du Québec, nous nous pencherons sur un mécanisme où les normes et les processus d’agrément pourront mieux définir, évaluer et mettre en œuvre des attentes claires afin de lutter contre le racisme et d’intégrer la sécurisation culturelle à la formation médicale postdoctorale.

Si vous êtes victime d’intimidation au travail, des ressources s’offrent à vous

Si vous êtes victime d’intimidation ou de harcèlement au travail, sachez que vous pouvez rompre l’isolement. Même si c’est parfois difficile, je vous encourage à demander de l’aide, que ce soit auprès d’une personne de confiance ou d’un mentor. Vous trouverez aussi des ressources en ligne. L’Association médicale canadienne met tout en œuvre pour assurer le bien-être des médecins. Je vous invite à consulter les ressources qu’elle propose, comme la nouvelle Trousse pour assurer son bien-être en temps de pandémie, qui donne aussi accès à des services de soutien. Je tiens également à vous rappeler que le Collège royal offre un module d’apprentissage en ligne pour reconnaître et gérer les comportements perturbateurs en milieu clinique.

L’histoire est loin d’être terminée

Tel une maladie chronique, le système mérite une intervention particulière. Les organisations, les institutions, les travailleurs et les apprenants devront donc mettre la main à la pâte pour que les milieux d’apprentissage et de travail favorisent véritablement le bien-être et la résilience des médecins — non seulement en théorie, mais en pratique.

En attendant, je vous invite à me faire part de vos commentaires sur la façon dont le Collège royal peut encourager davantage les comportements professionnels et éthiques en milieu de travail, que ce soit dans le cadre de l’agrément, du curriculum/de l’apprentissage ou d’autres priorités stratégiques.

N’hésitez pas à communiquer avec moi en tout temps : dg@collegeroyal.ca.

Avec toute ma gratitude,

Susan

Susan D. Moffatt-Bruce, MD, FRCSC, PhD, MBA, FACS
Directrice générale


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