Connaught Laboratories : la production de pénicilline en temps de guerre au Canada

Le 1 décembre 2020 | Auteur : Personnel du Collège royal
Lecture de 2 min

Par Dan Petrescu, MD, MSc (Oxon), FRCPC


Le Comité consultatif sur l’histoire et le patrimoine du Collège royal a rédigé cet article à l’occasion du jour du Souvenir et du 75e anniversaire de la fin de la Deuxième Guerre mondiale, non seulement pour reconnaître l’importante contribution des médecins durant la guerre, mais aussi pour rendre hommage aux personnes qui se sont sacrifiées au nom de la liberté.   


Boîtier contenant de la pénicilline. Penicillium notatum. Échantillon de la culture originale de Sir A. Fleming. Date : sept. 1939. Remis par le Dr E. Lezinski, Charles E. Frost et autres. (Source : Avec la permission de la Osler Library of the History of Medicine, Université McGill)

Le 6 juin 1944, des soldats canadiens débarquent sur les plages de la Normandie en France occupée par l’Allemagne pour participer à l’invasion stratégique des Alliés, appelée aujourd’hui le « jour J ». Ils apportent une arme secrète inconnue de leurs ennemis, un « médicament miracle ». Développée en Grande-Bretagne et aux États-Unis, après la découverte accidentelle du Dr Alexander Fleming en 1928 de substances antibactériennes produites par la moisissure Penicillium, la pénicilline est isolée, produite en masse et distribuée aux troupes alliées grâce aux travaux précurseurs du Dr Howard Florey et de ses collègues en 1941.

Utilisée dans la prévention et le traitement des infections de plaies, ainsi que dans le traitement de la pneumonie et des maladies sexuellement transmissibles, la pénicilline s’avère plus efficace que les composés sulfonamides auparavant disponibles.

La recherche canadienne sur la pénicilline commence peu après la visite du Dr Florey en Amérique du Nord en 1941, sous la supervision du Dr Philip Greey assisté par la Dre Alice Gray au Département de pathologie et de bactériologie de l’Université de Toronto. Les travaux des Drs C. C. Lucas et S. F. MacDonald en 1942 au Banting and Best Department of Medical Research permettent par la suite d’améliorer l’extraction de l’antibiotique à partir de la moisissure. En 1943, dans le cadre d’un effort concerté du gouvernement canadien, l’Université de Toronto agrandit les Connaught Medical Research Laboratories en achetant le bâtiment au « 1 Spadina Crescent » pour commencer à produire de plus grandes quantités de pénicilline. Participant à la mise au point de sérums et de vaccins antitoxines depuis leur création en 1917 sous les auspices du Dr John G. FitzGerald puis, après sa mort en 1940, du Dr R. D. Defries, les Connaught Laboratories ont joué un rôle déterminant dans l’effort de guerre du Canada, en procurant aux soldats un médicament qui, en plus de sauver leur vie, est devenu synonyme de la victoire des Alliés.

Références

Defries, R. D., 1948. The Connaught Medical Research Laboratories 1914-1948, Canadian Journal of Public Health, 39:8 (1948), pp. 330-44.

Mactaggart, K. W. 1943. It’s Penicillin’ Macleans, 12:1, pp. 7, 44-7. Consulté le 21 juin 2020 à l’adresse https://archive.macleans.ca/article/1943/12/1/its-penicillin.

Osler Library of the History of Medicine de l’Université McGill. Sel de sodium-pénicilline [image numérique]. « Pfizer (Mass.) and Company, Inc.». Présenté à la bibliothèque Osler par le Dr R.V. Christie, doyen de la Faculté de médecine de l’Université McGill (1967).

Rutty, C. J., 2010. Connaught Labs, World War II & Biotech Innovation, Connaught Fund. Consulté le 22 juin 2020 à l’adresse https://connaught.research.utoronto.ca/history/article6/.


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