Cinq facteurs clés pour améliorer l’accès aux soins spécialisés pour les populations mal desservies

Andrew Padmos
9 décembre, 2019 | Auteur: Andrew Padmos
Lecture de 4 min

Chers collègues,

Le succès a été mitigé à l’égard de récentes politiques législatives visant à offrir un meilleur accès aux soins aux collectivités mal desservies. Même si la raison d’être de ces politiques est remarquable, les solutions durables devront tenir compte d’une série de facteurs complexes. Le Collège royal mobilise les intervenants du système de santé, les patients et les collectivités afin de favoriser des échanges fondés sur des données probantes et des mesures réfléchies.

Un appui législatif pour offrir des services de soins de santé aux populations mal desservies

Vous avez probablement appris dans les nouvelles que plusieurs gouvernements provinciaux en sont à diverses étapes de l’élaboration et de l’adoption de mesures législatives, de politiques et de procédures pour doter les collectivités mal desservies de médecins praticiens :

  • En Alberta, un projet de loi permettra entre autres au gouvernement provincial de contrôler davantage le lieu et le type de pratique des médecins et autres professionnels de la santé (article 28.3 du projet de loi 21, 2019, en anglais).
  • Le Québec met en œuvre ses « plans régionaux d’effectifs médicaux » (PREM) et « plans d’effectifs médicaux » (PEM) afin d’encadrer le nombre et la répartition des médecins de famille et des médecins spécialistes.

Même si ces efforts et d’autres initiatives des provinces attirent enfin l’attention sur les besoins des collectivités mal desservies en matière de soins de santé, on ignore dans quelle mesure (ou si) les succès obtenus ou les leçons tirées par d’autres administrations sont pris en compte.

Des échanges importants et des efforts collectifs

Nous devons sans tarder mettre en commun les points de vue clés et apprendre les uns des autres en tirant profit des recherches et données probantes sur les effectifs médicaux, y compris les ressources de données que nous élaborons avec des organismes partenaires. Ceci doit mener à des actions et des engagements communs pour améliorer le système de santé de façon durable et concrète.

Le Collège royal demande aux planificateurs et aux décideurs du système de tenir compte des cinq points suivants en vue d’améliorer l’accès aux soins spécialisés dans les régions rurales, éloignées et mal desservies :

  • Les soins spécialisés exigent de nombreuses ressources : Les établissements de soins de santé ont besoin d’infrastructures particulières, d’équipement et d’équipes pour fournir des soins médicaux et chirurgicaux spécialisés. Les collectivités des régions rurales et éloignées doivent posséder ces ressources, sinon les soins spécialisés y seront limités.
  • Les besoins des communautés autochtones en soins de santé sont uniques : Un bon nombre d’entre elles se trouvent dans des régions rurales, éloignées et mal desservies. Tous les professionnels de la santé doivent recevoir une formation pour leur fournir des soins adaptés à la culture. Guidé par le Comité sur la santé autochtone et dans le respect du droit à l’autodétermination des peuples autochtones, le Collège royal élabore de nouvelles ressources sur la sécurité culturelle pour les éducateurs, les apprenants et les médecins.
  • Les professionnels de la santé doivent avoir accès à des activités de formation continue : Dans les régions rurales, éloignées et mal desservies, les professionnels de la santé sont souvent appelés à fournir des soins globaux et distincts aux patients. Ils doivent donc avoir accès à des possibilités de développement professionnel continu pour parfaire leurs compétences en fonction de l’éventail et de la portée des soins spécialisés requis.
  • L’apprentissage de base dans les collectivités rurales, éloignées et mal desservies est essentiel : Les nouveaux médecins certifiés ont été visés — et le seront encore — par les efforts législatifs de recrutement dans les collectivités mal desservies. Les programmes de formation prédoctorale et postdoctorale au Canada ont fait beaucoup de progrès en matière de formation médicale délocalisée; cependant, un apprentissage par l’expérience continu (et éventuellement supplémentaire) est nécessaire pour bien préparer les médecins à exercer dans les collectivités mal desservies.
  • Les modèles de soins et de rémunération doivent appuyer une pratique durable : Les modèles de soins doivent permettre de mieux satisfaire aux exigences de garde et de prévoir des remplaçants pour les médecins au besoin. L’élaboration de systèmes de rémunération à l’acte et d’autres modes de paiement doit se poursuivre également pour soutenir les carrières en médecine dans les régions mal desservies et n’ayant pas assez de personnel. Le Collège royal a créé le Groupe de travail sur l’accès aux soins spécialisés afin de trouver des solutions concrètes à certains problèmes qui entraînent des pénuries dans les régions rurales et éloignées.

Des politiques et des programmes novateurs peuvent donner accès aux soins spécialisés, là où ils sont requis

Comme ces cinq points l’indiquent, nous devons trouver des solutions multilatérales à plusieurs volets pour bien répondre aux besoins des collectivités mal desservies. Je me réjouis du fait que le Canada revoit sa réglementation pour assouplir et adapter davantage le permis d’exercice dans plusieurs territoires de compétence; ainsi, les médecins qui le désirent auront moins de difficulté à offrir des consultations dans les régions mal desservies. L’évolution des communautés de pratique est également évidente, stimulée par les plateformes électroniques de consultation et d’orientation et les programmes de télémédecine, qui misent sur l’innovation et la créativité pour relier les médecins et les patients. Nous devrons tenir compte de ces facteurs tout aussi importants dans le cadre de nos efforts collectifs et échanges futurs.

Tous les membres de la population canadienne ont droit à des soins médicaux spécialisés de qualité lorsqu’ils en ont besoin. Si nos stratégies se limitent à des mesures législatives et réglementaires simplistes qui ne tiennent pas compte des conséquences à long terme, je crains que les collectivités mal desservies feront face aux mêmes défis.

N’hésitez pas à inscrire vos réflexions ou suggestions ci-dessous. Veuillez laisser un commentaire.

Recevez mes sincères salutations.
Andrew

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Avatar Guy Lacombe | December 9, 2019
Le développement de cliniques spécialisées préphériques, dans le bassin de service des intervenants ternières devraient être valorisées. Modèle intéressant de transfert de connaissances, de support aux équipes locales pour augmenter la qualité de service autant que la qualité des références Excellant aussi pour améliorer les contacts avec les référents