Apprendre d’une discipline chirurgicale, avec le Dr David Horne : La mise en œuvre de la Compétence par conception.

Billet d'invité
25 juin, 2019 | Auteur: Billet d'invité
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Entretien avec le Dr David Horne

Depuis juillet 2018, le Dr David Horne est directeur de programme à la Division de chirurgie cardiaque de l’Université Dalhousie. Avant d’occuper ce poste, il a été responsable de la CPC durant un an. Dans le cadre du présent entretien, le Dr Horne explique le parcours menant vers la mise en œuvre de la CPC au sein de son département, le 1er juillet 2019.

D’après vous, quels avantages la CPC procurera-t-elle à votre programme, aux enseignants et aux résidents?

Ce sont surtout les résidents qui profiteront de la CPC puisqu’ils pourront suivre leur progression tout au long de leur formation. Par exemple, les résidents devront exécuter des tâches précises alors que, dans le passé, certains programmes ne leur auraient pas accordé le niveau d’exposition nécessaire. Dans le cadre de la CPC, les résidents canadiens doivent respecter les mêmes normes. Il s’agit d’un énorme avantage pour les résidents et notre programme en général; certains programmes devront ainsi mieux préparer leurs résidents.

Aussi, l’ancien système empêchait certains résidents de progresser dans la mesure de leurs compétences, et le système d’évaluation ne nous fournissait pas de preuves objectives. Le modèle de la CPC offre la structure et les preuves nécessaires pour identifier les résidents en difficulté; on peut alors les aider à devenir chirurgiens ou à comprendre qu’ils n’ont pas fait le bon choix de carrière. Si le processus est plus long que la normale pour certains résidents, il faut s’adapter à cette réalité. Les résidents diplômés de nos programmes devraient être beaucoup mieux préparés pour la pratique autonome.

Qu’est-ce qui vous rend le plus fier d’avoir mis en œuvre la CPC à l’Université Dalhousie?

Je suis particulièrement fier de nos résidents, qui ont tout mis en œuvre pour établir un nouveau schéma tutoriel de stages cliniques adapté au modèle de la CPC. Je suis aussi fier de l’Université Dalhousie qui a facilité notre transition vers la CPC, grâce à son soutien et ses efforts. L’université a présenté de nombreux ateliers de préparation et nous a fourni les logiciels requis pour gérer les évaluations. Notre réussite est en grande partie attribuable au volet informatique.

Quelle grande leçon avez-vous tiré de cette expérience?

Il est essentiel de se préparer au moins deux ans avant d’adopter la CPC, surtout lorsqu’il s’agit d’une discipline chirurgicale, car de nombreux éléments doivent être pris en compte dans le contexte clinique de la chirurgie cardiaque; il faut notamment mobiliser les patrons. Demander à des chirurgiens débordés de gérer les évaluations à la fin d’une journée épuisante n’est pas une mince affaire. Nous devons tous consacrer le temps et les efforts nécessaires pour mettre en place un modèle de CPC simple et harmonieux.

En tant que discipline chirurgicale qui a adopté la CPC, quels ont été vos plus grands défis? Comment les avez-vous surmontés?

Lorsqu’une discipline chirurgicale adopte la CPC, l’une des plus grandes difficultés demeure le fait que les résidents doivent réussir de nombreuses APC liées aux compétences chirurgicales, alors que nous ne réalisons qu’une ou deux interventions par jour. Le processus peut donc nécessiter beaucoup plus de temps et d’efforts que dans le cas d’une discipline médicale, où les résidents ont plus de consultations et d’interactions avec des patients durant une journée.

Aussi, comme je l’ai mentionné, les journées de travail des chirurgiens sont habituellement chargées et c’est beaucoup leur demander que de produire des évaluations en plus. Une chose est sûre, si vous voulez mobiliser les patrons, la mise en œuvre de la CPC doit être la plus simple possible. Il faut avant tout développer ou acheter un système informatique, comme l’Université Dalhousie l’a fait pour nous, et faire en sorte qu’il soit compatible avec les appareils mobiles. L’efficacité de la CPC perd tout son sens si les évaluations ne sont pas faites en temps réel. Par exemple, si je dois retourner à mon bureau pour remplir les évaluations des résidents sur mon ordinateur, je ralentis le processus parce que je n’y reviendrai qu’un ou deux jours plus tard.

Si vous aviez un seul conseil à donner à un directeur de programme qui s’apprête à mettre en œuvre la CPC, quel serait-il?

Préparez-vous. Donnez-vous deux ans; participez à des ateliers et assurez-vous de comprendre les principes et processus liés à la mise en œuvre de la CPC. Assimilez d’abord les nouvelles notions, comme le comité de compétence, et offrez plusieurs séances où les patrons seront exposés à la CPC. Dotez-vous d’un administrateur de programme bien organisé au moins un an avant d’adopter la CPC et ne changez pas d’administrateur en cours de route; le processus d’évaluation est beaucoup plus intense que dans l’ancien système et l’administrateur de programme joue un rôle clé pour s’assurer que les résidents et les patrons savent bien quelles APC ont été réalisées ou non. Commencez aussi à dresser votre plan de stages un an avant la transition. Faites d’abord appel aux résidents actuels qui connaissent les stages; ils vous aideront à créer le schéma tutoriel. Vous pourrez ensuite consulter les patrons.