Acteur de la réforme des établissements de soins de longue durée

Le 3 septembre 2021 | Auteur: Personnel du Collège royal
Lecture de 3 minutes

Le Dr Nathan Stall a reçu le Prix du leadership pour les médecins en début de carrière du Collège royal 2021 – Politiques et systèmes de santé.

Le Dr Nathan Stall, PhD(c), FRCPC, contribue à l’orientation des changements souhaités dans les établissements de soins de longue durée (ESLD), au moment où le pays cherche des solutions aux ravages de la COVID‑19. Un des rares chercheurs en gériatrie au Canada, il a publié plusieurs articles sur les soins aux personnes âgées, les soins de longue durée et l’âgisme. Il s’impose de plus en plus comme « acteur de changement » afin de protéger les personnes les plus vulnérables.

Gériatre et clinicien-chercheur en début de carrière à l’Hôpital Mount Sinai et au Réseau universitaire de santé de Toronto, le Dr Stall est bien connu au Canada en tant que spécialiste de la réforme des soins de longue durée. « Son militantisme, ses prouesses scientifiques et son intérêt croissant pour les politiques de santé ont fait de lui un clinicien, un chercheur sur les services de santé et un porte-parole hors pair qui fait valoir les besoins des personnes âgées vulnérables pendant la pandémie », affirme son superviseur clinique, le Dr Samir K. Sinha, FRCPC.

Le Prix du leadership pour les médecins en début de carrière du Collège royal est remis cette année au Dr Stall dans la catégorie Politiques et systèmes de santé.

Dr Nathan Stall (photo soumise)

Des signes alarmants ignorés

Évoquant les événements tragiques, en grande partie évitables, qui ont durement touché les soins de longue durée au Canada, le Dr Stall rappelle qu’il y avait déjà des signes dès le début de la pandémie que les personnes âgées et leurs êtres chers seraient durement frappés.

« Au Canada et en Amérique du Nord, nous avons eu un avant-goût du désastre survenu en Asie et en Europe en regardant les reportages des chaînes espagnoles et italiennes. Les résidences de soins de longue durée étaient complètement laissées à elles-mêmes. Au Canada, une succession rapide de décès de plus de la moitié des résidents dans un ESLD a été enregistrée à Bobcaygeon, en Ontario. »

« Cette impuissance face au nombre ahurissant de décès lors de la première vague était insupportable », confie-t-il.

La discrimination généralisée envers les personnes âgées est un autre aspect démoralisant associé aux premiers mois de la pandémie. Croyant que la COVID-19 était une maladie « réservée » aux personnes âgées, certains voulaient savoir pourquoi il fallait confiner la société pour les protéger.

À la fin mars 2020, le Dr Stall a coécrit un article publié dans le Globe and Mail intitulé « COVID-19 isn’t the only thing that’s gone viral. Ageism has, too ».

Les leçons tirées de la première vague ont été ignorées en grande partie, et un nombre accru d’aînés sont décédés en Ontario durant la deuxième vague de COVID-19.

« C’est un chapitre sombre de l’histoire de notre province… Près de 4000 résidents et 11 préposés d’ESLD sont morts, la plupart du temps, sans que leurs familles dévastées soient auprès d’eux et au fait des conditions parfois horribles dans lesquelles ils se trouvaient », ajoute-t-il.

Orienter les changements relatifs aux proches aidants

Le Dr Stall veut s’assurer que cette situation tragique [dans les ESLD durant la pandémie] ne soit pas survenue en vain.

Selon lui, les règles concernant l’accès des aidants familiaux doivent changer.

« Soixante-quinze pour cent des soins fournis à domicile et en milieu communautaire par des aidants familiaux et des proches aidants ne sont pas rémunérés. À la mi-mars [2020], des ESLD où le virus s’était propagé ont interdit l’accès aux aidants familiaux et proches aidants de l’extérieur, créant ainsi d’importants dommages collatéraux et il ne faut pas s’en étonner. Le lien social de confiance tissé par ces proches aidants avait disparu et l’état des résidents s’est détérioré. »

« L’impact psychologique du confinement a accéléré le déclin cognitif. Certains résidents d’ESLD qui marchaient avant la pandémie ne se déplaçaient plus qu’en fauteuil roulant. L’un d’entre eux est mort de malnutrition parce que son proche aidant n’a pu l’aider à se nourrir. Certains ont perdu toute raison de vivre et se sont laissés mourir. »

S’inspirant d’un mentor qui lui avait dit que pour changer une politique, il faut expliquer celle qui la remplacera, le Dr Stall a coécrit un mémoire décrivant ce que serait une « politique sur les visiteurs plus humaine et plus raisonnable ».

Le gouvernement de l’Ontario a créé une nouvelle politique qui correspond grandement à cette proposition. Durant les deuxième et troisième vagues de la pandémie, l’accès des proches aidants aux ESLD a été rétabli.

Le Dr Stall administre une dose de vaccin contre la COVID-19 à Barbara Mitchell, chez elle, en mai 2021 (photo soumise)

Militer pour une réforme du système de soins de longue durée

Le Dr Stall a siégé à la Table de consultation scientifique de l’Ontario sur la COVID-19, une expérience « extrêmement enrichissante » pour quiconque désire éclairer les politiques.

« Nous devons repenser le système de façon générale et faire des ESLD un lieu de vie et de travail stimulant, un centre d’excellence. Nous devons offrir de l’avancement professionnel et exposer le personnel médical à un plus grand nombre de carrières en soins de longue durée. »

Le Dr Stall n’est nullement étonné de la place centrale qu’occupe son rôle de défenseur des intérêts dans sa carrière. « J’ai toujours eu envie de profiter de la tribune qui m’est offerte en tant que médecin pour défendre les intérêts des personnes défavorisées et marginalisées dans notre système de soins de santé, confie‑t-il. Je ne savais pas comment cela se concrétiserait. »

Le Dr Stall est chercheur universitaire au Women‘s College Research Institute, une entité du Women’s College Hospital; il effectue aussi un doctorat en épidémiologie clinique à l’Université de Toronto.


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